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Jean-Luc BACLE, directeur de la communication de la MACIF Ile de
France, a commandité Impertinence pour la convention des cadres MACIF
Ile de France. Une première expérience réussie, qu'il raconte avec
enthousiasme.
J L B : J'avais rencontré Patrice hann lors des journées
communication interne au Creusot.
Il a été pour moi le rayon de soleil de cette manifestation. Alors, dés
que j'ai eu l'opportunité, je lui ai proposé de travailler pour nous.
L'I : Cette opportunité, ce fut la convention des cadres MACIF IDF
?
J L B : Tout à fait, Cette convention devait être l'occasion d'une
réflexion sur notre management, en comparant la vision de CODIR et celle
de nos cadres. Nous avons une organisation assez militaire
qui doit évoluer vers le client, la gestion sociale, l'homme. Il nous
faut apprendre à travailler en groupe et en transverse (commerciaux,
back office). Pour réussir cette évolution, le management intermédiaire
a un rôle clef : c'est sur lui que repose la dynamique, il est la
charnière pour faire passer les messages. La réunion visait à déclencher
chez lui cette prise de conscience. Vis-à-vis de la convention, l'état
d'esprit des participants oscillait entre le "on va se barber", "deux
jours de moins au bureau" et une réelle impication. Il s'agissait
d'intéresser toute l'assistance et de l'amener à réfléchir. Pour cela,
la dérision, l'humour m'ont semblé appropriés.
L'I : Vous étiez l'organisateur de la réunion, Avez-vous eu de la
peine à convaincre le CODIR d'avoir recours à un comédien ?
J-L B : J'ai mis dans la confidence le Directeur. Il a d'abord été
surpris, car jamais pareille expérience n'avait eu lieu chez nous. Mais
il m'a fait confiance. J'avais l'avantage d'avoir déjà vu Patrice,
d'avoir vécu en direct l'effet produit par ses interventions. J'avais
perçu, en le voyant, tout le sérieux du travail qu'il fait en amont :
une étude, un travail qualitatif visant à comprendre la logique d'une
organisation, à vérifier par lui-même sur le terrain sans se fier à la
vision donnée par son commanditaire.
L'I : C'est ce qui s'est passé chez vous ? En quoi ce travail vous
paraît-il indispensable ?
J-L B : Patrice a effectivement préparé son sketch en rencontrant
quelques cadres, qui ont d'ailleurs gardé le secret vis-à-vis de leurs
collègues, et qui se sont ouverts à lui, qui lui ont donné leur vision
des choses, leur analyse. On a pu apprécier, lors de la représentation
les qualités d'écoute et d'observation de Patrice Hann, et son talent
pour s'approprier, pour restituer la culture de l'entreprise. Ce travail
est indispensable, car ainsi les situations théâtralisées n'apparaissent
pas comme plaquées (ce qui est parfois le défaut du théâtre
d'entreprise), mais font véritablement partie
du dispositif de la réunion. Le sketch en devient partie intégrante, car
il est structuré à partir de ses messages et suivant son plan. C'est
alors très facile pour les intervenants de l'utiliser ensuite. Une
condition de réussite à respecter pour que cela fonctionne : ne
pratiquer aucune censure et laisser Patrice exprimer librement sa
caricature.
L'I : Vous prenez un risque, non ?
J-L B : Un risque, oui. Cela peut "gratter". Mais il faut prendre ses
responsabilités. Les organisations sont narcissiques. Il faut que le
miroir soit assez grossissant et déformant pour produire l'effet
escompté : agir au deuxième degré, et déclencher une réflexion
intospective chez les participants.
L'I : Vous aviez effectivement un objectif précis : déclencher une
prise de conscience sur les changements à produire dans le management.
Avez-vous mesuré l'impact produit par le sketch, et pouvez-vous dire si
celui-ci vous a réellement aidé à atteindre votre objectif ?
J-L B : La réunion a atteint son objectif, je puis le dire avec le recul
de plus de deux ans que nous avons maintenant. Le sketch a selon moi été
un élément déterminant dans la prise de conscience. D'abord parce que le
théâtre impose des images fortes, qui s'impriment dans le cerveau, dont
on se souvient , et qui deviennent un élément de culture commun : on s'y
réfère encore aujourd'hui. Ensuite parce que le sketch a été un moment
de plaisir partagé : on a ri ensemble, et on a envie de revoir. Nous
avions enregistré en vidéo la réunion, et fait tirer des cassettes. La
cassette est toujours demandée : les cadres veulent la montrer à leurs
collaborateurs, la décortiquer. Nous avons changé de patron depuis la
convention, et notre nouveau patron a demandé à voir la cassette. C'est
un signe qui ne trompe pas.
L'I : Est-ce à dire que le sketch sert d'ancrage?
J-L B : De référent et d'ancrage. Il permet d'éviter que l'évènement
produit par la réunion ne retombe comme un soufflet. C'est un témoin de
la nécessité du changement qui est un peu notre mauvaise conscience, si
nous n'évoluons pas. C'est tout ce qu'on peut lui demander, ainsi qu'à
la réunion d'ailleurs. Il faut ensuite mettre en oeuvre derrière une
réelle politique. Ce que nous avons fait.
L'I : Le bilan que vous faites est très positif. Envisagez-vous de
faire intervenir Patrice Hann à nouveau ?
J-L B : Oui. A l'occasion d'une prochaine convention, pour accompagner
des changements.
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